L'Abandon
Auteur Un-connu
Comment puis-je vivre le jeu de la dualité qui sans cesse me présente des informations et des orientations contradictoires ?Qui écouter, qui suivre, à qui faire confiance ? Comment expérimenter, valider et intégrer dans mon quotidien ce que je ne maîtrise pas ? Comment rester ouvert aux multiples propositions sans me perdre ? Et si je me perds comment me retrouver ?
Quels sont les pièges, les dangers qui me frôlent ? Qui a raison ?
Qui est qui ? Et moi, qui suis-je ? Qui détient la vérité ?
L’autre ou moi ? Comment savoir ? Comment savoir comment faire ?
Pourquoi mon père a-t-il agi ainsi, pourquoi ma mère, celle-ci
et pas une autre ? Pourquoi la pauvreté, la maladie et comment guérir ?
Et la vieillesse ? et la mort ? Pourquoi ? Pourquoi suis-je affamé et
jamais rassasié ? Pourquoi cette attirance à toujours vouloir
autre chose ?
Qu’est ce que j’ai, qu’est ce qui ne va pas ? Qui pourra
m’aider ?
À l’infini des questions, l’infini des réponses !
Pour autant suis-je comblé ?
Tôt ou tard nous prendrons conscience que la recherche effrénée,
obsessionnelle de la résolution de toutes les questions que nous nous
sommes posées, n’était qu’un leurre qui nous aura
amenés au seuil de l’expérience incontournable de l’abandon
de tous les attachements à notre histoire individuelle et c’est
seul que nous franchirons cette frontière de la souffrance. C’est
seul aussi (mais pas esseulé) que nous passerons le restant de nos
jours à explorer et assumer la vie à partir de ce niveau profond
de détachement.
Nous nous retrouverons alors face à ce qui EST, multiples évidences et simples révélations, comme des enfants innocents découvrant et s’immergeant totalement dans chaque instant comme étant la totalité de ce qui EST à vivre, sans se soucier d’autres choses que l’instant présent accompagné par notre seule autoréférence.
Alors, loin l’ouragan permanent des questions, loin les réponses épuisantes. Loin les refus, les bouderies et autres complaisances, complaintes, plaintes humides, nous ramenant inlassablement aux petits intérêts d’un petit moi étriqué. Loin les souvenirs d’identifications inconscients, rassurants à la famille, la société, aux normes, au paraître. Loin le vacarme assourdissant des pensées calculatrices des dogmes et des concepts organisant pour nous le « bien-intentionné » ; loin le désir frustré, loin le désir réalisé, loin l’amour attendu, loin l’amour déçu.
Silencieusement, délicieusement loin de tout,
et ENFIN si proche de RIEN,
proche de SOI…

