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Paroles de Sagesses - Titre
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L'Arbre qui Chante

Bernard Clavel

Avant-hier, il était si beau et si majestueux que les gens venaient s’asseoir sous ses branches pour parler, pour rire, pour chanter et même pour pleurer. Et quand le vent soufflait, il dansait merveilleusement bien.

Hier, on disait de lui qu’il n’était qu’un arbre mort et qu’il faudrait le couper. L’érable soupirait, car il savait bien, lui, qu’il n’était pas mort. Il vivait et vibrait sous son écorce…

Puis il y a quelque temps, un homme s’est arrêté devant lui, a posé ses mains chaudes sur son bois et a fermé les yeux. Alors l’arbre a frissonné et l’homme a souri réconforté, puis il s’en est allé.

Peu de temps après, les enfants de la ferme sont arrivés, ont posé leurs mains sur le tronc, collé leurs oreilles, mais ils n’ont rien entendu ! Pourtant l’homme venait bien de dire que les arbres savaient chanter et qu’il savait les faire chanter.
L’érable, ayant entendu les paroles des enfants, s’est rempli d’espoir : S’il pouvait chanter, les gens reviendraient s’asseoir sous ses branches. S’il pouvait chanter, il existerait à nouveau.

Mais quelques jours plus tard, le fermier est venu couper l’arbre. Lorsque les enfants sont rentrés de l’école, ils ont vu la souche et tout en criant et en courant, ils sont allés à la vieille grange. L’érable était couché là, sur le sol.
- « Ce n’était qu’un mensonge, il ne chantera jamais ! » ont dit les enfants avec colère.
L’érable entendit ces paroles.
- « Mais alors, si ce n’était qu’un mensonge, que vais-je devenir ? »
Et l’érable glissa dans un profond sommeil.

Mais aujourd’hui, il est réveillé par des mains chaudes. Il les reconnaît, ce sont celles de l’homme qui un jour lui a parlé ! Et cet homme l’emmène dans son atelier, le coupe, le colle, le ponce et le vernis avec passion. Puis il le pose dans une boîte tapissée de velours vert, pour enfin l’emporter à travers le froid de l’hiver, jusqu’à la ferme. Sur la table de la cuisine, l’homme pose la boîte et soulève le couvercle. Chacun se rapproche, il est si beau et si majestueux ! L’homme prend alors délicatement l’érable dans ses mains, le pose sur son épaule et fait vibrer ses cordes.

À présent, l’arbre se sent violon ; Il chante, il chante, et raconte sans cesse sa longue vie.

Texte original adapté




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