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Paroles de Sagesses - Titre
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La Bhagavad Gîta - Adaptation

Auteur Un-connu

DIEU dit :

Dans cette épreuve, cher disciple,
d’où provient le désarroi qui t’habite, contraire au ciel et à la gloire ?
Ne sois pas lâche, c’est indigne de toi.
Chasse de ton cœur cette faiblesse futile, relève-toi, fais face !

Tu pleures sur des choses qui n’ont pas à être pleurées,
et tu dis des paroles de sagesse…
Mais les sages ne pleurent rien, et ni les morts ni les vivants.

Jamais je n’ai été sans être, ni toi non plus,
et jamais ne viendra le temps où nous cesserons d’avoir une existence.

Un homme, dans son corps, traverse enfance, jeunesse, vieillesse,
mais il aura d’autres corps, le sage ne s’en émeut pas.

Les impressions des sens, cher disciple, le sage,
pour qui plaisir et déplaisir se valent,
atteint ce qui ne meurt pas.

Ce qui n’est pas, ne peut venir à l’être,
et ce qui est, ne peut cesser d’être.
Ceux qui ont perçu le principe des choses
connaissent les limites de l’être et du non-être.

Étranger à la mort, sache-le, est Ce par quoi cet univers est déployé.
Ce qui est immuable, il n’est au pouvoir de personne de le détruire.

Les corps que vous êtes ont un terme,
mais face à l’éternel, on les nomme âmes incarnées
et face à l’infini, ils sont étrangers à la mort.

Croire que l’un meurt et que l’autre fait mourir,
c’est également se tromper : personne ne meurt ni ne fait mourir.
Ni naissance ni mort n’existent pour qui n’a jamais eu,
pour qui n’aura jamais d’existence physique.

Sans naissance, éternel, permanent, immémorial,
Cela ne meurt pas quand le corps meurt.

Celui qui sait que ce qui est étranger à la mort, l’est éternellement,
parce que c’est au-delà de l’espace et du temps,
comment un tel homme peut-il croire, cher disciple,
qu’il meurt ou fait mourir quelqu’un ?

De même qu’un homme rejette ses vieux habits et en prend d’autres, neufs,
ainsi l’âme incarnée rejette ses vieilles dépouilles pour en emprunter de nouvelles.

Nulle arme de l’entame et nul feu ne la brûle,
nulle eau ne la mouille et nul vent ne la dessèche.

Insensible à l’acier, au feu, à l’eau et au vent,
elle est UNE et partout présente,
immuable, immobile, elle EST de toute éternité.

Elle est au-delà des sens, au-delà de l’esprit, et au-delà des formes.
Sachant qu’elle est ainsi, tu n’as nul lieu d’être désespéré.

Et si tu penses que, née pour toujours,
quand elle est morte, c’est pour toujours,
Là encore, tu n’as nul lieu de désespérer.

Ce qui est né doit mourir, ce qui est mort doit renaître.
Aussi, devant l’inéluctable, tu n’as nul lieu de désespérer ou de pleurer.

Le non-manifesté est à l’origine des êtres ;
leur vie appartient au visible avant de regagner le non-manifesté.
Y a-t-il lieu de se lamenter ?

Tel voit l’âme incarnée comme un prodige,
tel autre encore la dira prodige,
tel autre encore entendra dire qu’elle est prodige,
mais en réalité, même l’entendre dire ne permet pas de la connaître.

L’âme est à jamais intangible dans le corps de tout être.
Aussi, sur personne, tu n’as lieu de pleurer.

Un simple regard à ton devoir doit te tirer de tes doutes.
Rien n’est meilleur qu’une épreuve légitime.
Providentiel est un tel combat. Il ouvre la porte du ciel.
Si tu ne le livres pas, tu failliras à ton devoir, à ton honneur,
et tu feras ton infortune.

Bien plus, le bruit du déshonneur courra sur toi,
et pour un homme accompli, le déshonneur est pire que la mort.
« La peur l’a écartée » penseront-ils,
et ceux qui te tenaient en haute estime ne te prendront plus au sérieux.

Vois d’un œil égal souffrance et plaisirs,
richesse et misère, défaite et victoire,
tiens-toi prêt et combat, rien de mal ne t’arrivera.

Telle est la vision rationnelle des choses,
apprends de moi leur vision globale,
tu seras intérieurement détaché, rien ne t’empêchera d’agir.

Dans cette voie, nul commencement n’est vain,
nul retour en arrière n’existe.
Si peu que ce soit de cette vérité nous arrache à la peur.

Quand elle est résolue, la conscience est totalité, cher disciple,
mais ramifiée et sans fin est la conscience des indécis.

Il est des naïfs qui tiennent des discours fleuris,
comblés par la lettre du Veda, ils disent que rien d’autre n’existe.

Ils ne sont que désir, et le ciel est leur but,
mais le fruit de leur action est renaissance,
ils s’embourbent dans le détail liturgique,
ils sont soumis à la puissance des objets.

Entièrement rivé à la puissance des objets,
leur esprit est constamment distrait par ces discours.
Même si leur conscience est, par nature, résolue,
elle n’existe pas dans son intégrité.

Les Veda ont pour objet la nature des choses ;
reste en dehors, cher disciple,
reste en dehors de la dualité en demeurant sans cesse dans ton être.
Ne cherche plus à posséder le détachement intérieur,
sois totalement ton être.

Quand tout est inondé, un puits a autant d’intérêt
que tous les Veda en ont pour un brahmane quand il sait voir.
Il t’appartient d’agir sans jamais un regard pour les fruits de l’action.
Ne fais jamais du fruit de l’action ton mobile,
mais ne sois pas non plus attaché à la non-action.

C’est en agissant au cœur de l’action
qu’on est délivrée de toute attache, cher disciple.
Demeure égale dans le succès comme dans l’insuccès.
C’est cette égalité même qui est détachement intérieur.

En effet, de très loin,
l’action est inférieure au détachement intérieur, cher disciple.
Cherche refuge dans la conscience,
ceux pour qui les fruits de l’action sont leur mobile méritent la pitié.

Quand on est intérieurement détaché,
ce qui s’est fait, bien ou mal, n’a plus lieu d’être.
Aussi reste sans cesse intérieurement détaché,
le détachement intérieur est la source de toute action.

Le fruit de l’action, c’est, en effet,
parce qu’ils sont détachés que les sages y renoncent.
Délivrés des fardeaux liés à la naissance,
ils touchent un état où rien ne les affecte.

Lorsque ta conscience aura traversé le labyrinthe des ténèbres,
Tu n’auras plus besoin de savoir ce qui se dit et ce qui se dira.

Lorsque ta conscience écartelée par tout ce qui se dit,
deviendra immobile, immuable en elle-même,
alors tu atteindras au détachement intérieur.

Celui qui a perdu ses désirs, qui viennent tous de la pensée,
qui est heureux en lui, par lui-même, on dit qu’il a cette sagesse.

Celui dont la pensée n’est pas troublée par les souffrances,
qui n’a aucun désir pour le plaisir,
qui n’a ni peur, ni passion, ni colère,
on dit que c’est un sage possédant la lumière.

Celui qui, en toute occasion, n’éprouve nul désir et qui,
face au bien et au mal qui lui échoient,
n’éprouve nulle attirance ou nulle répulsion, il a cette sagesse.

Lorsque, des objets, il retire ses sens,
comme une tortue ses membres, il a cette sagesse.
Pour l’âme incarnée qui ne s’en nourrit plus,
les objets alors disparaissent. Seule en demeure la saveur.
Et la saveur disparaît quand l’âme incarnée en a vu le terme ultime.

Même s’il est vigilant, cher disciple,
l’homme avisé est harcelé par ses sens,
qui font de son esprit leur otage.
Quand il les aura maîtrisés,
il sera détaché en lui-même, s’il a ce que je suis pour horizon.
Celui qui a ses sens en son pouvoir, on dit qu’il a cette sagesse.

C’est en posant sa pensée sur les objets sensibles
que s’attache à eux l’homme.
Le désir naît de ces attaches, la colère surgit du désir,
Le trouble naît de la colère, et la confusion naît du trouble,
la confusion met fin à la conscience, et c’en est fini de l’homme.

Mais quand on parcourt le monde sensible
avec des sens affranchis d’amour et de haine,
soumis à soi-même, on se rend libre, on atteint la sérénité.

Cette sérénité met un terme à toutes les souffrances.
Celui dont la pensée est devenue sereine,
sa conscience, aussitôt, devient réalité totale.

Mais sans détachement, il n’est pas de conscience,
et sans détachement, on ne peut pas créer,
et pour qui ne crée pas, pas de sérénité,
et sans sérénité, d’où viendrait l’équilibre ?

Quand la pensée subit la loi des sens mobiles,
elle emporte toute sagesse,
comme le vent, un navire sur l’océan.

C’est pourquoi, cher disciple,
celui dont tous les sens sont dissociés de leurs objets,
on dit qu’il a cette sagesse.

Ce qui est nuit pour tous les êtres, pour l’être maîtrisé est jour.
Ce qui pour autrui est jour est nuit pour le sage qui sait.

Celui en qui tous les désirs se perdent
comme les eaux se perdent dans l’océan,
lequel s’emplit sans cesse et pourtant demeure immuable,
cet homme atteint la sérénité, ne désirant plus les désirs.

Quand on a perdu tout désir,
et qu’on vit désormais sans attache, sans possession,
affranchi de soi-même, on atteint à la sérénité.

Telle est la vérité spirituelle, cher disciple.
Quand on l’atteint, cesse l’incertitude.
S’y trouver, même au bord de mourir,
nous fait nous résorber dans la conscience ultime.

Adaptation au temps d'aujourd'hui




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