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Paroles de Sagesses - Titre
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La Vierge et les Épis

Georges Aspirot

Même sur les épis veille la Providence ;
Il faut par ce récit s’en rendre à l’évidence.

Sous les purs rayons de l’astre des nuits,
Dans une plaine où chantonnait la brise,
Paisiblement sommeillaient les épis
Pleins, paraît-il, d’une farine exquise.

Cependant, deux d’entre eux, dit-on, veillaient,
L’air pensif, la mine inquiète,
Et pendant que leurs frères roupillaient
Ils faisaient un brin de jasette.
Se berçant doucement au rythme du zéphyr,
Ils parlaient de présent, mais surtout d’avenir :
« De qui, demandait l’un, serons-nous nourriture ?
Où nous conduira le destin ?
Des moineaux où des geais serons-nous la pâture
Ou le gâteau d’un grand festin ? »

« Frère, disait l’autre inquiet de même,
Dieu se chargera de notre problème,
Mais il nous faut d’abord accepter de bon cœur
Toute la volonté du divin Créateur. »

On faisait encore causette,
Mais voici soudain
Dans le calme lointain
Se dessine une silhouette.
Portant voile et ceinturon bleus,
Une femme marche vers eux.

Reconnaissant, tous deux, la Dame auréolée,
Les blés courbent le front devant l’Immaculée.
Puis, rompant le silence de la nuit,
L’un des épis, s’enhardissant, Lui dit :
« Dites, Dame Marie, ah ! dites vite,
Que nous vaut l’honneur de votre visite
Qu’attendez-vous de nous qui sommes si petits ? »
Poursuit modestement la voix des deux épis.
« C’est que, leur répond la Madone,
Le Seigneur, du haut de son Trône
Vous voyant soucieux tous deux de votre sort
Me charge de venir vous en faire rapport.
Indiquant le premier, tu seras lui dit-Elle,
Pain de l’orphelin ou du mendiant
Qui sont les grands amis du Tout-Puissant.
Continuant toujours de sa voix maternelle
Plus douce que le vent qui parfumait le soir :
Tu seras, dit-Elle au deuxième,
Le Pain vivant, mon Fils Lui-même,
Le pain sacré de l’ostensoir. »

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