Les plantes sacrées
Elan Noir
« J’avais beaucoup pensé à la plante à quatre rayons que j’avais vue deux fois déjà… Je savais que je devais avoir cette plante pour guérir.(En compagnie d’Un-Côté), nous sommes arrivés au sommet d’une colline et nous nous sommes assis, car je sentais que nous étions proches de l’endroit où j’avais vu la plante croître dans ma vision du chien.
Après avoir chanté le chant (que j’avais entendu dans la
grande vision) j’ai regardé en bas du côté de l’ouest
et, là-bas, il y avait des corneilles, des pies, de jeunes faucons et
des aigles tachetés qui tournaient et tournaient.
Alors j’ai compris et j’ai dit à Un-Côté :
« Mon vieux, juste là, c’est là que la plante croît »…
Elle avait une racine longue à peu près comme jusqu’à mon
coude, et un peu plus épaisse que mon pouce. Elle fleurissait en quatre
couleurs, bleu, blanc, rouge et jaune. Après que j’eus offert
de l’écorce de saule rouge aux Six Pouvoirs, j’ai fait une
prière à la plante et lui ai dit :
« Maintenant
il nous faut aller de l’avant vers ceux qui ont deux jambes, mais vers
les plus faibles seulement, et il y aura d’heureux jours parmi les faibles ».
À Grass Creek, nous l’avons enveloppée avec de la bonne
sauge qui poussait là.
J’ai allumé la pipe et l’ai offerte aux pouvoirs…
J’ai pris la coupe d’eau, j’en ai bu un peu et je suis allé vers
le petit garçon malade.
Debout devant lui, j’ai frappé la terre quatre fois.
Puis mettant ma bouche dans le creux de son estomac, j’ai soufflé à travers
lui le vent purificateur du nord.
Ensuite, j’ai mâché un peu de la plante que j’ai mise
dans l’eau et j’en ai soufflé un peu sur le garçon
et aux quatre quartiers…
Puis j’ai dit à la vierge d’aider le garçon à se
lever et de marcher avec lui autour du cercle, en commençant au sud,
la source de la vie.
Puis je m’en suis allé. »
Extrait de "Elan Noir parle"
de John Neihardt aux éd. Le Mail

