roll-over menu roll-over menu roll-over menu roll-over menu roll-over menu roll-over menu roll-over menu roll-over menu roll-over menu roll-over menu roll-over menu
Paroles de Sagesses - Titre
Titre : Archives
« décembre 2010
lunmarmerjeuvensamdim
12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031

Nos Paroles nous Façonnent

Francine Carrillo

Au dehors, la nature s’en tient encore aux demi-teintes. C’est la tonalité de la sobriété avant la générosité de l’offrande printanière.
Mais qu’en est-il, au-dedans, de la couleur des mots que nous posons sur la vie ? De tous ces mots que nous prononçons, parfois dans l’insouciance et la légèreté, le plus souvent dans la plainte ou le jugement ?

Nous nous plaignons beaucoup : du temps qu’il fait, du temps que nous n’avons pas, du temps passé et qui ne reviendra pas. Nous nous plaignons aussi des autres, les jeunes, les vieux, les étrangers… tous ceux qui menacent notre tranquillité.
Mais à vivre ainsi dans le négatif, nous nous désaccordons ! Nous ne sommes plus au diapason de la louange qui est notre vocation première, celle qui nous accorde au chant de la création, celle par laquelle nous devenons un peu plus humains.

La louange élève alors que la plainte avilit.
La louange relie alors que la plainte sépare.
La louange met debout alors que la plainte met sur les genoux.
Mais célébrer la vie, ce n’est pas en nier les aspérités. C’est reculer d’un pas pour s’étonner de ce qui frémit sous l’écorce des jours, parfois justement là où la vie est empêchée.
Pensez aux psaumes. Ce sont des musiques, certes, mais qui font large place au cri et à la discordance. Ils questionnent Dieu autant qu’ils le chantent mais en leur fond ce sont des célébrations arrachées à la dureté autant qu’à la beauté du réel.

Nous sommes finalement ce que nous consentons à être et nos paroles nous façonnent intérieurement.
Quand le ciel est trop bas et la grisaille trop pesante, nous pourrions choisir de sortir de la complainte pour entrer en psalmodie ! Ce serait une manière de vivre à la hauteur de ce que nous pressentons et plus seulement de ce que nous ressentons ! Une manière de quitter la déploration qui nous tire vers le bas pour l’imploration qui aspire à l’envers lumineux des choses et des êtres.

Tout ce que nous ne mettrons pas au monde de gratitude n’y sera pas !

Francine Carrillo est pasteure et théologienne à Genève

CSS Valide !  Valid XHTML 1.0 Strict